Garder un laboratoire public de l’eau

Avant même la remunicipalisation de l’eau, il a fallu assurer un avenir au CRECEP (centre de recherche, d’expertise et de contrôle des eaux de Paris), qui était menacé par la mise en concurrence, désormais obligatoire, pour certaines procédures liées au contrôle sanitaire de l’eau potable. Le CRECEP assurait non seulement ce contrôle sanitaire, mais aussi d’importantes actions d’expertises et de recherche. Ces actions sont désormais intégrées en partie dans le nouvel opérateur public Eau de Paris. Voici mon intervention au Conseil de Paris de juillet 2008 : L’exposé des motifs de cette délibération dit l’essentiel : le CRECEP va mal. Trois éléments fondant ce constat : Il souffre d’un déficit structurel dont les origines remontent à 18 ou 20 ans. Une régie autonome devant équilibrer son budget, ce n’est qu’avec l’autorisation du Préfet que notre Conseil a déjà pu abonder sa trésorerie à deux reprises depuis 2003. Cette troisième tentative de remettre à flot le CRECEP ne pourra se répéter indéfiniment, le Préfet ne pouvant laisser ce mode de financement d’une régie autonome perdurer. Je rappelle en effet qu’aux termes de l’article L2221-20 du Code Général des Collectivités Territoriales, le Préfet est fondé à liquider une régie autonome dont le budget est durablement déficitaire. Il va perdre des revenus. En effet, le CRECEP bénéficie aujourd’hui du contrôle sanitaire de l’eau du robinet, confié par la DASS. Mais depuis la transposition de la directive cadre sur l’eau et l’adoption de la Loi du 30 décembre 2006 sur l’Eau et les Milieux Aquatiques, la DASS sera dans l’obligation de mettre en concurrence les prochains prestataires de cette activité. Le CRECEP étant, à analyse équivalente,...