Autolib’ réduira notre impact environnemental

La voiture peut-elle faire baisser notre impact environnemental ? C’est l’ambition affichée pour Autolib’, disons-le d’emblée, contestée par le groupe des élus Verts du Conseil de Paris, qui mettent en avant la fabrication des batteries et la production électrique supplémentaire nécessaire. Je parlerai du problème des batteries dans un article ultérieur. Il est clair que dans un pays où l’électricité est produite par du charbon, du gaz ou du pétrole, le système conduirait à brûler une ressource fossile pour faire de la vapeur, qui ferait tourner une turbine reliée à un alternateur, qui produirait le courant, transformé, transporté, re-transformé et consommé pour alimenter une batterie, laquelle serait ensuite sollicitée pour faire tourner les roues de la voiture. Chacune de ces étapes présente des pertes de rendement plus ou moins significatives : le résultat serait catastrophique entre la quantité de pétrole nécessaire dans ce système comparé à celui simplement nécessaire pour faire rouler la voiture sur la même distance à partir de la combustion du pétrole dans son moteur à explosion (le rapport est de l’ordre de 1 à 3). Bref, dans un tel pays, la voiture électrique n’est pas une bonne idée car elle produirait, en grossière approximation, de l’ordre de trois fois plus de CO2 que la voiture à essence ! En France, l’électricité est très peu carbonée puisque produite par du nucléaire et de l’hydraulique. Le projet a donc plus de sens – si l’on accepte le bouquet énergétique français. Mais la caractéristique du nucléaire est de produire beaucoup d’énergie sans capacité à varier rapidement en fonction de la demande. Ce sont les centrales hydroélectriques, beaucoup plus...