L’énergie : un enjeu local

La Région Île-de-France a mis sur les rails une société d’économie mixte (SEM) « Énergie Posit’If » chargée de booster les financements de la rénovation énergétique des bâtiments et la production d’énergie renouvelable locale. Son modèle économique repose sur le tiers investissement : ce n’est ni au propriétaire ou à la copropriété d’investir pour faire les travaux, mais à un tiers qui, en contrepartie de l’apport de capitaux, se rémunère sur une partie des économies d’énergie. Ainsi, la Caisse des Dépôts et Consignations, la Caisse d’Épargne, la Région et la Ville de Paris (entre autres) se sont rejoints dans cette initiative qui sera complémentaire des prestations de conseil et d’expertise apportées par l’agence parisienne du climat. Et pour la mise en route de ce nouvel instrument, deux représentants de Paris siégeront au conseil d’administration : René Dutrey, le nouvel adjoint chargé de l’environnement, et moi-même. Voici mon intervention au Conseil de Paris : Sur notre continent, les villes sont le lieu où les trois quarts de l’énergie sont consommés et les gaz à effet de serre émis. Notre responsabilité est donc immense face à l’accroissement permanent des émissions planétaires de gaz à effet de serre et aux échecs répétés des grands messes internationales. Si la négociation au sommet n’avance pas, je pense que nous obtiendrons des résultats très concrets en remontant des territoires. Car force est de constater que même au niveau national, les politiques publiques mises en œuvre jusqu’ici n’ont pas produit les résultats nécessaires. Beaucoup d’argent a été dépensé dans le crédit d’impôt développement durable : 7,8 milliards d’euros sont partis en dépense fiscale sur les quatre premières années pour...

Une fausse-bonne idée contre la crise du logement

Pour faire face à la crise du logement, l’ancien président Sarkozy avait proposé et fait voter en un temps record une loi permettant d’augmenter de 30% les droits à construire dans tout le pays. La campagne présidentielle est derrière nous, les Français ont choisi d’autres propositions que celles de Nicolas Sarkozy. Pour le logement avec François Hollande, ce sera le doublement du plafond du livret A, qui permet d’augmenter le financement disponible pour le logement social, et d’autres mesures favorables aux bailleurs sociaux. Mais le Conseil de Paris a débattu aujourd’hui de la loi instaurant la règle de 30%. Voici mon intervention : Alors il aura suffit d’une campagne présidentielle où la démagogie l’a disputé à l’affolement pour bouleverser les règles de construction dans toutes les communes de France ! Le 29 janvier dernier, Nicolas Sarkozy était rattrapé par la crise du logement et sortait sa botte secrète : une loi majorant de 30% les droits à construire. En réalité, une loi bâclée était votée dans la précipitation dès mars, et les communes qui n’auraient pas réagi avant le 21 septembre verraient automatiquement s’appliquer cette majoration de 30%. Pourquoi cette disposition, qui peut être présentée comme positive à l’aide d’une rhétorique simpliste, n’est pas bienvenue ? Il faut d’abord rappeler que deux majorations des droits à construire existent déjà à Paris : la majoration de 20% du COS pour réalisation de logement social, et celle de 20% pour la réalisation de bâtiments offrant de très bonnes performances énergétiques. La nouvelle règle est en concurrence déloyale avec ces deux majorations préexistantes car elle offrirait aux constructeurs le bénéfice d’un surCOS sans contrepartie : il n’auraient...