Innovation responsable

Je participe à un groupe de travail (un « think tank ») de l’école des Mines de Paris sur la question de l’innovation responsable (http://www.debatinginnovation.org). Aujourd’hui, nous avons organisé une conférence sur la question de l’énergie et de l’architecture. Le programme est ici. J’ai participé à la table ronde qui traitait de la question « un modèle urbain basé sur la production d’énergies renouvelables devrait-il reposer sur des choix purement volontaristes ? ». Voici le texte de mon intervention, dans laquelle j’explique pourquoi il me semble nécessaire de créer une obligation de rénovation thermique du bâtiment ancien, et pourquoi et comment il faut adopter une approche plus globale au niveau urbain (développement de l’analyse de cycle de vie et de l’évaluation environnementale) : Jusqu’ici aujourd’hui, l’attention a été portée sur la production d’énergie, si possible renouvelable. La question posée pour cette table ronde « un modèle urbain basé sur la production d’énergies renouvelables devrait-il reposer sur des choix purement volontaristes » présume aussi que l’urbain se développe autour de la production d’énergies renouvelables (ou, précision de taille, de la production de non consommation d’énergie – les économies d’énergie sont et restent le premier gisement), et on s’interroge sur la liberté des acteurs dans ce mouvement. Je pense pourtant comme Jean-René Brunetière qu’il n’y a rien d’évident dans la première partie de la question.   Formes et objectifs J’y viendrai en parlant de formes architecturales, de forme urbaine et de modes de vie. À quoi sert un bâtiment ? Habiter, produire, abriter, enseigner, prier, défendre, gouverner… pour chacune de ces fonctions, on voit surgir une image, une forme de construction. Si on prend l’habitat, au travers des...

Urbanisme et logement

Un bilan du plan local d’urbanisme (PLU) a été fait, en particulier pour évaluer son effet sur la production de logements (dont les logements sociaux) et d’équipements publics. Le débat organisé à cette occasion m’a permis de rappeler les chiffres marquants de cette action : Disons le sans détour : oui, il y a un déficit de logements à Paris, et particulièrement de logements sociaux, mais aussi oui, le PLU nous apporte des moyens pour améliorer cette situation. Faut-il le rappeler à l’opposition ? Dans une ville si petite en surface, si dense en population, il n’y a bien évidemment pas de solution miraculeuse pour baisser la pression foncière et satisfaire tous les besoins en logement social. Mais c’est notre responsabilité, c’est notre engagement de tout faire pour permettre aux classes moyennes et aux plus défavorisés de continuer à se loger à Paris. Alors le PLU a instauré plusieurs dispositifs nous permettant de refaire en quelques années une bonne partie du retard accumulé pendant trop longtemps. Lors des trois dernières années : la zone de déficit en logement social, où les promoteurs doivent inclure 25% de logement social dans toute opération de plus de 800 m2, a conduit à créer 739 logements sociaux supplémentaires, les règles permettant d’augmenter le COS de 20% lorsqu’on fait du logement social ou lorsqu’on construit un bâtiment efficace sur le plan énergétique, règles cumulables : ces règles de sur-COS ont permis la création de 1 884 logements dont 1 252 sociaux, 199 réserves ponctuelles sont inscrites au PLU ont conduit à autoriser la création de 3 159 logements, dont 2 275 sociaux sur 32 opérations lancées, enfin, les opérations d’aménagement sont un...

La lutte contre la pollution de l’air à Paris

La pollution de l’air à Paris est un fléau sanitaire et environnemental. Pourtant, peu de personnes savent que la qualité de l’air s’est améliorée au cours des dix dernières années, sous l’effet conjugué des progrès techniques réalisés sur les automobiles, première source de pollution, et grâce aux résultats de la politique des déplacements de Bertrand Delanoë, qui a permis un net recul de la place de la voiture. Lors du Conseil de Paris de novembre 2012, le Maire a fait une communication exposant sa vision de la question, et plusieurs délibérations ont été adoptées. Il s’est nettement exprimé : pour l’interdiction des véhicules les plus polluants (voitures et utilitaires de plus de 17 ans, camions et bus de plus de 18 ans, deux roues motorisées de plus de 10 ans), pour la réduction à 70 km/h de la vitesse sur le périphérique, pour la multiplication des « zones 30 » à Paris, où la vitesse est limitée à 30 km/h, pour l’instauration d’un péage pour les véhicules polluants. Dans ce cadre, a été voté la mise en place de l’éco-taxe pour les poids-lourds sur le périphérique. Pour ma part, voici les positions que j’ai défendues lors de ce débat : Signe d’une solide volonté politique, notre Conseil est aujourd’hui saisi d’un véritable festival de propositions pour un air plus sain, avec votre communication M. le Maire, et avec un certain nombre de délibérations marquées par la responsabilité, l’innovation, et même l’audace. Car si la qualité de l’air s’est globalement améliorée depuis 2001 à Paris (baisse de 32% des émissions de gaz à effet de serre de 9%, baisse du benzène...