La lutte contre la pollution de l’air à Paris

La pollution de l’air à Paris est un fléau sanitaire et environnemental. Pourtant, peu de personnes savent que la qualité de l’air s’est améliorée au cours des dix dernières années, sous l’effet conjugué des progrès techniques réalisés sur les automobiles, première source de pollution, et grâce aux résultats de la politique des déplacements de Bertrand Delanoë, qui a permis un net recul de la place de la voiture.

Lors du Conseil de Paris de novembre 2012, le Maire a fait une communication exposant sa vision de la question, et plusieurs délibérations ont été adoptées. Il s’est nettement exprimé :

  • pour l’interdiction des véhicules les plus polluants (voitures et utilitaires de plus de 17 ans, camions et bus de plus de 18 ans, deux roues motorisées de plus de 10 ans),
  • pour la réduction à 70 km/h de la vitesse sur le périphérique,
  • pour la multiplication des « zones 30 » à Paris, où la vitesse est limitée à 30 km/h,
  • pour l’instauration d’un péage pour les véhicules polluants. Dans ce cadre, a été voté la mise en place de l’éco-taxe pour les poids-lourds sur le périphérique.

Pour ma part, voici les positions que j’ai défendues lors de ce débat :

Signe d’une solide volonté politique, notre Conseil est aujourd’hui saisi d’un véritable festival de propositions pour un air plus sain, avec votre communication M. le Maire, et avec un certain nombre de délibérations marquées par la responsabilité, l’innovation, et même l’audace.

Car si la qualité de l’air s’est globalement améliorée depuis 2001 à Paris (baisse de 32% des émissions de gaz à effet de serre de 9%, baisse du benzène et du monoxyde de carbone de 80% et recul du dioxyde d’azote de 15% depuis 10 ans), la pollution reste trop élevée. Cancers, problèmes respiratoires et cardio-vasculaires, asthme, et chaque année, 42 000 décès prématurés en France attribués par l’OMS aux particules fines : nous sommes face à un problème sanitaire de grande ampleur. S’ajoute un problème économique en raison du contentieux engagé par l’Europe contre la France pour dépassement, parfois du double, des valeurs limites des oxydes d’azote et des particules fines.

Or chacun sait que ces polluants proviennent essentiellement du trafic routier, notamment des diesels. C’est dire quelle est la responsabilité de l’automobile dans la pollution de l’air, alors qu’elle ne représente plus que 7% de l’ensemble des déplacements à Paris après avoir baissé d’un quart en dix ans. Cette baisse, permise par l’action municipale, a permis d’éviter 450 000 déplacements quotidiens.

Je laisserai à d’autres une certaine nostalgie sur la place de la voiture en ville car nous tenons là en réalité la cause et la solution.

La cause, car il n’y a plus de place pour le relativisme ou pour les marchands de doute depuis que le Centre International de Recherche sur le Cancer et l’agence pour la recherche sur le cancer de l’OMS ont classé les gaz des moteurs diesel comme étant avec certitude « cancérogènes pour l’homme ».

Et nous tenons la solution, car trois quart des voitures, et la totalité des poids lourds roulent au diesel ! Il faut donc à la fois continuer à réduire la place de la voiture en ville, et lutter contre la place du diesel dans le trafic routier. Et j’entends comme une contradiction dans le discours de l’opposition, qui regrette à la fois la prétendue augmentation de la pollution et la lutte que nous menons contre la place de la voiture en ville.

Pour réduire la place de la voiture en ville, l’action municipale a déjà frappé juste et fort, en redonnant de l’espace aux piétons (75 ha) et en créant en 10 ans plus de 50 000 places pour les deux roues motorisées ou non. Et je sais que l’exécutif s’attachera à poursuivre cet effort.

Concernant l’incitation à d’autres types de motorisation, il faut reconnaître que l’arrivée d’Autolib aura été un véritable déclencheur au niveau national. Les statistiques montrent que 2011 et 2012, années de déploiement d’Autolib, auront réellement été les années du réveil de la voiture électrique.

Alors quel contraste avec la politique menée par le précédent gouvernement, qui après avoir multiplié les incitations fiscales au diesel, a sorti de son chapeau les ZAPA pour éviter l’amende bruxelloise. Dans la précipitation, c’est une usine à gaz inapplicable qui nous a été proposée, et au final ce sont trois années de perdues malgré la nécessité sanitaire à agir sur tous les véhicules thermiques : voitures, deux roues et poids lourds. N’ayant pas de sens à limiter la zone d’action prioritaire pour l’air à Paris intramuros, nous nous dirigeons avec le nouveau gouvernement vers un périmètre délimité par l’A86. C’est plus cohérent, même si ce n’est pas plus simple, car nous devrons trouver une gouvernance adaptée sur cette zone.

Alors je dirai simplement que le plan de protection de l’atmosphère présenté par le préfet de Région souffre du même problème d’ambition qu’ont connu les ZAPA en 2010. Avec mon groupe, nous voterons un avis favorable sur ce plan sous réserve qu’il porte une plus forte ambition car l’heure n’est plus aux demi-mesures.

Au-delà, j’entends des collègues regretter que certaines des actions proposées par l’exécutif relèvent de l’État. Qu’ils se rassurent ! Paris a déjà été pionnière sur de nombreuses questions liant la ville et l’environnement : avec son plan climat dès 2007, avec son PLU, ou même avec Autolib, nous avons souvent fait école en trouvant des solutions qui n’étaient pas prévues par la loi ou en proposant des innovations. Je pense aux nombreux bâtiments déjà livrés qui sont à 50 kWh/m2/an quand la réglementation était à 130, je pense aux règles de gabarit pour la production d’énergie renouvelable, et je pense au stationnement et à la recharge des voitures électriques en souterrain. Voilà autant d’exemples qui montrent que Paris fait bouger les lignes !

En témoigne aussi l’innovation que nous allons adopter aujourd’hui avec la récupération de chaleur dans les eaux usées : j’espère d’ailleurs que cette nouvelle technologie pourra s’étendre largement.

Et pour finir, je veux saluer les nombreuses études lancées par les délibérations rattachées à ce débat, tant il est essentiel de bien connaître le phénomène et son évolution pour améliorer en permanence notre action.

Avec ce débat et l’ensemble des délibérations et des propositions que nous allons adopter, je veux dire ma fierté d’être un élu de cette ville dont l’exécutif et les services sont capables de tant d’imagination, de compétence et aussi de courage pour faire face à ces défis des temps modernes qui sont pourtant parmi les plus complexes que nous ayons à traiter.

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