Police municipale : quelle mouche a piqué l’UMP ?

Lors du conseil de Paris du 17 mars, l’UMP a proposé un référendum sur la création d’une police municipale à Paris. Drôle d’idée quand on connait l’organisation de la sécurité à Paris. Voici ma réponse, faite en séance avant que le conseil ne rejette leur proposition. L’UMP nous pose la question de la police municipale à Paris. C’est quand même étrange : au pouvoir, vous avez toujours été contre (que ce soit lorsque vous étiez majoritaires dans la capitale ou lorsque vous étiez à la tête du gouvernement), et aujourd’hui, vous semblez avoir changé d’avis. Pourquoi donc ? Et qu’en sera-t-il demain ? Chacun sait que la capitale est le lieu du gouvernement, du parlement, des ambassades, de l’Élysée… C’est pourquoi l’État et non le maire de Paris détient le pouvoir de police. Première raison d’être contre votre proposition, une raison de fond. Elle se double d’une raison de forme : changer cette situation ne relève pas d’un débat municipal. Notre conseil ne peut pas outrepasser la loi. Ensuite, pourquoi proposer cela par référendum quand vous pourriez demander la même chose (c’est-à-dire « que la Maire de Paris engage une discussion avec l’État sur cette question ») par un vœu de notre conseil ? En réalité, vous engagez une démarche politicienne et largement démagogique. Je vous le dis très tranquillement mais aussi assez solennellement : jouer sur la question de l’ordre et de la sécurité deux mois après les attentats que nous avons connus est dangereux. Deuxième raison d’être contre. — Comme vous le savez, nous subventionnons la préfecture de police (285 M€ par an) et nous finançons des agents de la DPP (les ASP). Ces derniers assurent des...