L’indispensable politique de l’eau

Le conseil de Paris des 19 et 20 mars faisait suite au Forum mondial de l’eau et au Forum alternatif mondial de l’eau qui se sont tenus à Marseille. Ce fut l’occasion pour la Ville de présenter sa politique de l’eau et d’adopter un certain nombre de textes d’orientation importants, dont notamment : le maintien du réseau d’eau non potable, une charte de gestion de l’eau chez les bailleurs sociaux, un plan de modernisation de l’assainissement parisien, une convention avec l’Université Paris 6 Pierre et Marie Curie, Eau de Paris et la Ville pour aménager un centre de recherche et formation sur l’eau à Ivry-sur-Seine, des documents de gestion des canaux parisiens, Voici mon intervention à l’occasion de ce grand débat : Nous voici dans un grand débat sur l’eau : je veux commencer en saluant cette mise en valeur dans notre assemblée d’un sujet aussi important, au retour des forums Mondiaux de l’Eau qui se sont déroulés à Marseille la semaine dernière. Oui, l’eau est un enjeu majeur de notre siècle. 800 millions d’êtres humains n’ont aucun accès à l’eau potable et 2 milliards 600 millions n’ont pas d’assainissement. Les maladies hydriques restent la première cause de mortalité dans le monde ! Et pourtant ici, il semble si simple d’ouvrir le robinet et laisser l’eau s’écouler que nous avons perdu la conscience de tout ce qu’il y a en amont et en aval, et nous oublions la chance que nous avons de bénéficier d’un service performant et de bon marché. C’est pourquoi l’eau est aussi un enjeu de notre ville, qui a besoin de l’attention des élus, qui a besoin...

Des réservoirs pour éviter une crue majeure à Paris

Après la fameuse crue de 1910, qui a mis à genoux Paris pendant plusieurs semaines, il fut décidé de construire des barrage-réservoirs en amont de la ville pour détourner le surplus d’eau en cas de crue. Quatre furent construits. Depuis lors, ils servent aussi à stocker de l’eau l’hiver et à la restituer l’été pour que la Seine reste navigable même en période de sécheresse. Leur effet est très significatif : ils réduisent la montée des eaux en cas de crue, et soutiennent le débit de la Seine l’été. Ainsi le débit de la Seine au cours de l’été 2010 provenait pour 50% des barrages-réservoirs. Ils évitent aussi que l’Île de France soit en pénurie d’eau potable plusieurs jours par an ! Aujourd’hui, un grand débat public a été lancé pour la construction d’un cinquième barrage-réservoir. Le Conseil de Paris a apporté sa contribution à ce débat. Voici mon intervention sur ce sujet : La crue de 1910, dont la période de retour est de deux cents ans, représente une montée des eaux de la Seine de 8m62. Pendant cette crise, 7 milliards de m3 sont passés à Paris et la plaine de la Bassée a stocké 37 millions de m3. C’est pour prévenir un retour de cette ampleur qu’il fut décidé de créer 1 milliard de m3 de stockage. À ce jour, les quatre lacs-réservoirs qui ont été créés et qui sont gérés par Seine-Grands-Lacs (anciennement l’IIBRBS – Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du bassin de la Seine) permettent de stocker 830 millions de m3. Le débat public dans lequel nous nous inscrivons aujourd’hui porte sur la création dans...

Aider les plus défavorisés à maîtriser leur facture d’eau

L’eau est un bien vital. Il n’est pas acceptable que nos concitoyens les plus défavorisés n’y ait pas accès parce qu’ils n’en ont plus les moyens. Beaucoup d’entre eux habitent dans des logements dégradés, dont on sait que les réseaux d’eau sont les plus fuyards. J’ai donc proposé au Conseil de Paris le vœu suivant, qui a été adopté. Il commence à être appliqué à l’automne 2011, avec une action entre Eau de Paris, Paris Habitat, et l’association Unis-Cité qui vont installer dans 10.000 logements sociaux des kits économiseurs d’eau. En complément, des équipes de jeunes d’Unis-Cité iront voir les habitants pour les sensibiliser aux gestes essentiels pour économiser l’eau. Voici mon intervention au Conseil de Paris du 6 juillet 2009 pour inviter les élus parisiens à voter mon vœu : Nous l’avions évoqué lors du débat sur la remunicipalisation de la gestion de l’eau à Paris : l’un des enjeux est celui de l’accès des Parisiens à l’eau et la maîtrise de son coût. Parce que pour les plus défavorisés, la part de l’eau dans le budget du ménage peut s’élever à plusieurs pourcents, et que cela est aggravé par la crise, nous devons veiller à ce que chacun puisse conserver un accès à ce bien vital qu’est l’eau. Je rappelle en effet qu’en France, 20.000 ménages sont privés d’eau parce qu’ils ne peuvent payer les factures, et 100.000 n’ont pas de point d’accès à l’eau. Paris connaît aussi cette réalité. Chacun sait aussi qu’à Paris, le tissu du bâti ancien  présente souvent des fragilités particulières : canalisations vétustes, installations fuyardes, collecteurs endommagés… Cette réalité provoque des surconsommations anormales, augmentant...

L’eau, un service public pour un bien vital

  Le Conseil de Paris m’a désigné pour siéger au conseil d’administration d’Eau de Paris, l’opérateur public de l’eau à Paris. Depuis le 1er janvier 2010, Eau de Paris est en charge de la production et de la distribution de l’eau à Paris, alors que c’était jusque là des grands groupes privés qui assuraient la distribution. Pourquoi Bertrand Delanoë a-t-il fait ce choix du service public ? Pour des raisons évidemment de principe, mais aussi pour que les parisiens paient l’eau au juste prix : suite à la reprise de l’eau dans le service public, la facture a baissé de 8% ! Voici mon intervention au cours du débat sur le service public de l’eau, au Conseil de Paris de novembre 2008 : Au fond, ce dont nous débattons aujourd’hui, c’est de tourner la page pour revenir à la normale et mettre un terme à cette expérience aventureuse des années Chirac. Car le service de l’eau était géré en régie directe jusqu’en 1984. Cela fait donc moins de 25 ans que la Générale des Eaux et Suez distribuent l’eau à Paris dans les conditions qui ont été décrites par mes collègues. Même si l’arrivée de Bertrand Delanoë comme Maire de Paris a permis d’imposer une renégociation des contrats pour pallier leurs insuffisances les plus criantes, il reste encore beaucoup à faire : ainsi une goutte d’eau transportée par l’aqueduc de la Vanne change 10 fois d’opérateur avant d’arriver à Montmartre ! Il y a donc d’abord un enjeu de rationalisation avec un opérateur unique et un enjeu de transparence pour que les usagers soient associés et qu’une information la plus complète...

Garder un laboratoire public de l’eau

Avant même la remunicipalisation de l’eau, il a fallu assurer un avenir au CRECEP (centre de recherche, d’expertise et de contrôle des eaux de Paris), qui était menacé par la mise en concurrence, désormais obligatoire, pour certaines procédures liées au contrôle sanitaire de l’eau potable. Le CRECEP assurait non seulement ce contrôle sanitaire, mais aussi d’importantes actions d’expertises et de recherche. Ces actions sont désormais intégrées en partie dans le nouvel opérateur public Eau de Paris. Voici mon intervention au Conseil de Paris de juillet 2008 : L’exposé des motifs de cette délibération dit l’essentiel : le CRECEP va mal. Trois éléments fondant ce constat : Il souffre d’un déficit structurel dont les origines remontent à 18 ou 20 ans. Une régie autonome devant équilibrer son budget, ce n’est qu’avec l’autorisation du Préfet que notre Conseil a déjà pu abonder sa trésorerie à deux reprises depuis 2003. Cette troisième tentative de remettre à flot le CRECEP ne pourra se répéter indéfiniment, le Préfet ne pouvant laisser ce mode de financement d’une régie autonome perdurer. Je rappelle en effet qu’aux termes de l’article L2221-20 du Code Général des Collectivités Territoriales, le Préfet est fondé à liquider une régie autonome dont le budget est durablement déficitaire. Il va perdre des revenus. En effet, le CRECEP bénéficie aujourd’hui du contrôle sanitaire de l’eau du robinet, confié par la DASS. Mais depuis la transposition de la directive cadre sur l’eau et l’adoption de la Loi du 30 décembre 2006 sur l’Eau et les Milieux Aquatiques, la DASS sera dans l’obligation de mettre en concurrence les prochains prestataires de cette activité. Le CRECEP étant, à analyse équivalente,...