Innovation responsable

Je participe à un groupe de travail (un « think tank ») de l’école des Mines de Paris sur la question de l’innovation responsable (http://www.debatinginnovation.org). Aujourd’hui, nous avons organisé une conférence sur la question de l’énergie et de l’architecture. Le programme est ici. J’ai participé à la table ronde qui traitait de la question « un modèle urbain basé sur la production d’énergies renouvelables devrait-il reposer sur des choix purement volontaristes ? ». Voici le texte de mon intervention, dans laquelle j’explique pourquoi il me semble nécessaire de créer une obligation de rénovation thermique du bâtiment ancien, et pourquoi et comment il faut adopter une approche plus globale au niveau urbain (développement de l’analyse de cycle de vie et de l’évaluation environnementale) : Jusqu’ici aujourd’hui, l’attention a été portée sur la production d’énergie, si possible renouvelable. La question posée pour cette table ronde « un modèle urbain basé sur la production d’énergies renouvelables devrait-il reposer sur des choix purement volontaristes » présume aussi que l’urbain se développe autour de la production d’énergies renouvelables (ou, précision de taille, de la production de non consommation d’énergie – les économies d’énergie sont et restent le premier gisement), et on s’interroge sur la liberté des acteurs dans ce mouvement. Je pense pourtant comme Jean-René Brunetière qu’il n’y a rien d’évident dans la première partie de la question.   Formes et objectifs J’y viendrai en parlant de formes architecturales, de forme urbaine et de modes de vie. À quoi sert un bâtiment ? Habiter, produire, abriter, enseigner, prier, défendre, gouverner… pour chacune de ces fonctions, on voit surgir une image, une forme de construction. Si on prend l’habitat, au travers des...

Le climat, l’air et l’énergie en Île de France

La Région Île-de-France a produit son schéma régional climat, air, énergie (SRCAE en langage barbaro-administratif). Le conseil de Paris en a débattu, et j’y ai mis mon grain de sel : Paris est engagée depuis 2001 dans le développement durable. Lutte contre le réchauffement climatique, aides aux travaux d’amélioration du bâti, lutte contre la précarité énergétique : nous cherchons en permanence cette synthèse entre l’environnement, l’économique et le social. Qu’il manque l’économique ou le social et le travail sur l’environnement sera vain. Ce débat est l’occasion de le rappeler avec force. Aujourd’hui, la région se dote d’un schéma régional climat, air, énergie (SRCAE). J’ai envie de lui dire : bienvenue au club ! Cet outil est en effet un peu l’équivalent du plan climat que nous avons mis en place à Paris dès 2007. L’intérêt est bien sûr d’assurer une cohérence de l’action des territoires à l’échelle de la région, première force économique et démographique du pays. C’est peut-être aussi d’amener les collectivités locales qui auraient pris un peu de retard à le rattraper. Car les plans climat énergie territoriaux (PCET), désormais obligatoires pour les communes de 50.000 habitants, devront être compatibles avec ce schéma régional. Et les plans locaux d’urbanisme (PLU) devront aussi prendre en compte le SRCAE. Il s’agit donc d’un document important dont les impacts se feront sentir dans toute la région, ce dont nous nous réjouissons. Mais il faut aussi rappeler que la région est elle-même assujettie à la réglementation nationale et devrait respecter les orientations fixées pour le pays. S’il y avait une critique à faire au document qui nous est proposé, c’est celle-ci : il n’explique pas...

Question d’actualité au Conseil de Paris

Les conseillers de Paris peuvent poser des questions d’actualité qui s’adressent soit à l’exécutif parisien, soit au préfet. Les réponses sont données en séance. Lors de chaque séance du Conseil de Paris, chaque groupe politique a droit à une question. Le 24 septembre 2012, le groupe des élus socialistes, radicaux de gauche et apparentés m’en a chargé. Il m’a semblé intéressant d’interroger l’exécutif sur l’articulation de la politique parisienne avec les objectifs de la conférence environnementale : Il y a une semaine, le gouvernement organisait la première Conférence Environnementale à laquelle le président de la République s’était engagé. Il y avait en effet bien besoin de mettre à jour la politique de la France tant, après un départ en fanfare en 2007, après, il est vrai, avoir donné l’impulsion, les signaux contraires s’étaient multipliés. Nous voici donc repartis sur une ligne claire : le choix de la transition énergétique pour lutter contre le réchauffement climatique. Cette stratégie est fondée sur deux priorités : les énergies renouvelables d’une part, et l’efficacité et la sobriété énergétiques d’autre part. En ville, c’est naturellement d’abord sur ce deuxième volet que nous pouvons agir le plus directement, et vos actes M. le Maire, dans les associations internationales des villes portent ces engagements – en témoigne par exemple votre signature du pacte des Maires contre le réchauffement climatique à Mexico en 2010. En effet, les trois quarts de l’énergie sont consommés en ville et les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre proviennent des villes. Étant les premiers responsables, nous ne pouvons espérer de changement sans changer nous-mêmes. Alors comment agir ? Nous aurons l’occasion...

L’énergie : un enjeu local

La Région Île-de-France a mis sur les rails une société d’économie mixte (SEM) « Énergie Posit’If » chargée de booster les financements de la rénovation énergétique des bâtiments et la production d’énergie renouvelable locale. Son modèle économique repose sur le tiers investissement : ce n’est ni au propriétaire ou à la copropriété d’investir pour faire les travaux, mais à un tiers qui, en contrepartie de l’apport de capitaux, se rémunère sur une partie des économies d’énergie. Ainsi, la Caisse des Dépôts et Consignations, la Caisse d’Épargne, la Région et la Ville de Paris (entre autres) se sont rejoints dans cette initiative qui sera complémentaire des prestations de conseil et d’expertise apportées par l’agence parisienne du climat. Et pour la mise en route de ce nouvel instrument, deux représentants de Paris siégeront au conseil d’administration : René Dutrey, le nouvel adjoint chargé de l’environnement, et moi-même. Voici mon intervention au Conseil de Paris : Sur notre continent, les villes sont le lieu où les trois quarts de l’énergie sont consommés et les gaz à effet de serre émis. Notre responsabilité est donc immense face à l’accroissement permanent des émissions planétaires de gaz à effet de serre et aux échecs répétés des grands messes internationales. Si la négociation au sommet n’avance pas, je pense que nous obtiendrons des résultats très concrets en remontant des territoires. Car force est de constater que même au niveau national, les politiques publiques mises en œuvre jusqu’ici n’ont pas produit les résultats nécessaires. Beaucoup d’argent a été dépensé dans le crédit d’impôt développement durable : 7,8 milliards d’euros sont partis en dépense fiscale sur les quatre premières années pour...